Rue François Miron, 19 mai 2026. B.fabers a choisi le Marais pour montrer ses premières pièces. Ce qui s'y est passé ce soir-là ne ressemblait pas tout à fait à un lancement.
Le 19 mai 2026, B.fabers a présenté sa première collection chez Wilde, un lieu de brique et d'acier, aux grandes vitrines sur la rue, installé rue François Miron, dans le 4e arrondissement de Paris. À cent mètres de là se trouve la maison parisienne des Compagnons du Devoir. Ce voisinage n'a pas été choisi au hasard, et il a donné à la soirée quelque chose que nous n'avions pas prévu.

Il ne s'agissait pas d'une opération commerciale. Il s'agissait de faire naître la maison et de lui donner un premier point d'ancrage.
Deux publics dans la même pièce
Il y avait ce qu'on attend d'un lancement : des designers, des amateurs de design, quelques journalistes.

Et il y avait autre chose. Toute la soirée, des groupes d'artisans se sont succédé, venus par le bouche-à-oreille de leur propre communauté. Beaucoup étaient prêts à en être, et découvraient les pièces pour la première fois.
Ils ont regardé les pièces comme on regarde du travail : de près, longtemps, sans complaisance. Une arête suivie du doigt, un tiroir ouvert pour en examiner le fond, un plateau observé par en dessous. Ce qu'ils y cherchaient : le parti pris de chaque assemblage, et la manière dont le dessin de Huub Ubbens s'accorde à la tradition pour en révéler de nouvelles possibilités. Des gestes de métier, dans une pièce où l'on tenait un verre.

La collection a été regardée deux fois ce soir-là. Une fois pour ce qu'elle dessine, une ligne, une proportion, une émotion. Une fois pour ce qu'elle engage, un choix, une matière, une main. Les deux regards comptent autant, et c'est précisément le projet de la maison. Qu'ils s'attardent l'un et l'autre, le même soir dans la même pièce, était le meilleur signe que nous pouvions recevoir.

Le film, puis l'exposition
La soirée a été l'occasion de montrer pour la première fois le film de marque. Les pièces sont ensuite restées exposées plusieurs jours, visibles depuis la rue à travers les vitrines, et le lieu a continué d'accueillir des visiteurs venus prendre le temps.

Ce qui nous reste
Ce qui nous reste de ce mois de mai : l'attention des artisans, venus regarder de près. Des journalistes, qui ont publié nos premiers articles. Et des rencontres que nous n'espérions pas.
Il y a eu aussi les autres, ceux qu'on ne compte pas : des promeneurs entrés par curiosité, des artistes, d'anciens collègues. À chaque fois, le même enthousiasme.
Merci à Wilde
Un mot enfin pour Florent Mabilat, artiste peintre et maître des lieux, qui a accueilli le projet avec une justesse et une disponibilité rares. Le lieu nous ressemblait : de la brique, du bois, de la lumière.
Tout a commencé là.
